Retrouvez chaque mois, un regard clair pour mieux comprendre l’actualité des marchés.
Et pour aller plus loin, nous décryptons également un repère de marché au cœur de l’actualité.
Qu’est-ce qui anime les marchés ?
Sans conteste, le mois de septembre a été dominé par la hausse des taux d’intérêt, sur fond de tensions persistantes au Moyen-Orient. Dans ce contexte plus nerveux, les marchés actions américains ont mieux résisté que leurs homologues européens, tandis que les discussions budgétaires en France sont particulièrement scrutées par les investisseurs.
Les signaux du mois
Pétrole
105 US $ / baril
Le baril de Brent a franchi ce seuil au plus fort du mois de septembre, un facteur qui entretient les pressions inflationnistes.
Taux US à 10 ans
5 %
Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans a dépassé ce niveau symbolique, un signal fort qui continue de peser sur les marchés obligataires.
Actions technologiques US
+ 3,3 %
Le Nasdaq a progressé en septembre, porté par la technologie et les grandes valeurs de croissance, toujours au cœur de l’attention des investisseurs.
Actions Europe et France
-2,4 % et -4,2 %
Les indices Stoxx Europe 600 et CAC 40 ont reculé sur le mois, ce qui reflète une Europe plus exposée aux tensions sur les prix de l’énergie et des actions françaises pénalisées par l’incertitude politique et budgétaire.
Secteur Énergie en Europe
+ 2,7 %
Le Stoxx Europe Energy a terminé en septembre en tête des 20 indices sectoriels de l’indice Stoxx Europe 600, mécaniquement soutenu par la hausse des prix du pétrole.
CAC 40
17,1 %
C’est la croissance désormais attendue des bénéfices 2026 du Stoxx 600, contre 16,3 % auparavant. Une bonne surprise qui soutient encore les marchés d’actions.
Légende
Positif
Négatif
Neutre
Evolution par rapport au mois précédent
Les signes ne s’additionnent pas en raison de l’utilisation éventuelle de produits dérivés dans la mise en œuvre. Cette évaluation peut être modifiée à tout moment.
🔎Décryptage
Qu’est-ce que le spread de crédit d’une obligation d’entreprise ?
Le rendement d’une obligation d’entreprise est constitué de deux composantes :
Taux sans risque + Écart de crédit (spread)
- Le taux sans risque correspond à la rémunération d’un emprunt considéré comme sans risque de défaut, généralement un emprunt d’État, comme une OAT française ou un Bund allemand.
- L’écart (spread) de crédit est la prime de risque exigée par l’investisseur pour prêter à une entreprise plutôt qu’à un État. Il rémunère le risque pris sur l’émetteur.
En pratique, plus le spread est élevé, plus le risque perçu sur l’entreprise est important.
De quoi dépend le spread de crédit ?
Le niveau du spread de crédit varie selon plusieurs critères parmi lesquels :
La notation financière (Rating)
Les agences de notation, dont Standard & Poor's, Moody's et Fitch, évaluent la solidité financière des entreprises.
- Catégorie Investment Grade (BBB- à AAA) : le risque de défaut est faible, donc l’écart de crédit est serré.
- Catégorie High Yield (en dessous de BBB-) : le risque de défaut est plus élevé, donc l’investisseur exige une prime de risque plus importante donc un écart de crédit est élevé.
L'échéance (Maturité) de l’obligation
Un horizon de temps plus long expose à plus d'incertitude, donc le marché demande généralement une prime plus élevée pour un prêt sur une durée plus longue.
L’état des marchés financiers
Le spread dépend aussi de l’environnement global, à savoir : le niveau de croissance, la politique monétaire, l’inflation, les tensions géopolitiques ainsi que l’aversion au risque des investisseurs.
Dans les périodes de stress, les spreads ont tendance à s’écarter, même si les fondamentaux des entreprises ne se dégradent pas immédiatement.
Pourquoi cette composante est-elle importante ?
Le spread de crédit permet de mesurer la rémunération du risque pris par l’investisseur. Il aide à comparer les obligations d’entreprises entre elles et à mieux comprendre le niveau de rendement proposé par le marché.
Dans un environnement de taux plus élevés, la composante crédit reste un élément central dans l’analyse des obligations d’entreprise, car elle permet de distinguer la rémunération liée au risque de celle liée au taux sans risque.